jeudi 21 mai 2015

Cap Canaille



« Few places have marked and allured me in my travels that the gulf of la Ciotat. It’s a combination of grace and strength. » Lamartine, Voyage en Orient.

And Lamartine was not a climber ! It is true that the landscape is gorgeous with the beautiful Mediterranean Sea in background. In addition to that, the local geology is a bit crazy, mixing Limestone, sandstone and conglomerate in the same multipitch… The climber’s nirvana is not so far…



Our visit to Cap Canaille was not planed at all. After Nepal, we just wanted to change our minds with Ena. A rock climbing trip towards south sounded great. First stop in le Tarn with a buddy band. Climbing, Enjoying, Sharing good moments that reminds you how beautiful life can be.
And Now ? Spain , Verdon ?? A urge to see the sea leads us to these hills between Cassis and La Ciotat. The massif is called « Canaille » and the cliffs « Soubeyrannes ». Arnaud Bayol, who stands for my Geologist hero told me there are beautiful routes, on an amazing rock, to climb in Cap Canaille. After our first route there, we were completely blown away by the beauty, the originality and the quality of the rock. We decided to stay the all week on this « Route des crêtes ». We explored different sectors and here is our little route selection : from the funniest to the nicest :

Ouveur de Bouse – (6a,3b,5c,5b+,5c).
90 m, 5c oblig. – Secteur « Ouvreur de bouse ».



This sector is really classic and might be crowded. You have only 1 minute walking from the car and 2 beautiful and steep abseils. Then the climbing is simply fantastic. On a beautiful reddish sandstone, never hard because the holds are quite big and good.  Olivier didn’t climb for two months , but he kept the same big smile all morning, and so did we.




Deux Vauriens, Trois Canailles – (3a,4c,5c,6a+,6a+,6a,4a,6a).
140m, 5c oblig. – Secteur « Pendule ».



Quite similar to « Ouvreur de bouse » in terms of difficulty. Maybe slightly harder and bit more impressive. Approach will take you 30 minutes. Bit of walking and abseiling on the « 14 Juillet », 5 more minutes of walking and here you are. You climb through three type of rock : limestone, sandstone and finish on conglomerate. The ambiance is unique. There is not even one hard or disgusting movement ! THE route to climb in cap Canaille.



Baise Jump ou Boureur de Rousse – (6b,6b,4b,6a+,6a).
90 m, 6a oblig. – Secteur « Ouvreur de bouse ».


Back to « Ouvreur de bouse » sector. It is 7pm when we decided to abseil down. There is no one on this crowded place. Topless climbing on this beautiful reddish sandstone. Sunset on the last pitch : What else ?!




Bienvenue Chez Damoclès – (6a,6a,6c,6a,6a+,6c,6b,6a)
140 m, 6b oblig. – Secteur « Damoclès ».



The approach is similar than « Pendule » sector. Just a bit more walking when you finish the « 14 juillet » abseils. This route is slightly less classic than the others and for sure more demanding. The pitches are quite short and mostly traversing, but they are all beautiful. The rock is even crazier than rest of cap canaille. Incredible holds, fantastic climbing…





Bleu comme la mer rouge – (5b,6c+,6b,7a,7a+,7a+,6b+)
160 m, 6b oblig. – Secteur « Grand Draïoun ».


The guide book presents this one as the most beautiful of cap Canaille. It’s the one we like the best, by far. The ambiance is crazy and the climbing really homogeneous. Must do this one !!






Holidays are over. We drive back to Chamonix where the autumn weather welcomed us.
In our heads still remains the beautiful moments in this amazing place. Only 5h of car separate us from this little paradise. We warmly recommend you to visit Cap Canaille and its crazy climbing cliffs. For sure we will be back ;)


Climbing Guidebook :
 Escalade La Ciotat (650 Voies entre Cassis et La Ciotat) ; Gilles Bernard - Gwenaël Drouot – Hervé Guigliarelli.

Gear :
15 Quickdraws are enough for climbing every routes.
Ropes : 2*50m.
Helmets  !!

samedi 25 avril 2015

Tremblement de terre au Népal



24 Avril. Nous sommes à Katmandou avec Ena. Les sacs sont bouclés, demain nous partons pour le Langtang. 7h de Jeep avant de commencer le trek qui nous mènera au camp de base de notre nouveau projet. Une belle montagne qui culmine à 6200m. Une face vierge et une belle arête à ouvrir… Que du beau en perspective.
Nous en avons rêvé, nous en avons bavé, mais nous voilà tous les deux en amoureux pour une chouette expérience.



25 avril. Le trajet est toujours un peu chiant, mais nous faisons des blagues et des jeux dans la jeep. Le paysage défile. Nous prenons un peu d’altitude avant d’arriver à Ramche. Nous nous apprêtons à traverser une zone de glissement de terrain. La route se transforme en piste, nous ralentissons. Ena me demande si c’est normal que toute la montagne soit en train de tomber… Encore une bonne blague croate ? Et non !!

D’un coup je sens le 4*4 faire des bons de 50 cm comme dans un clip de snoop dog.  Je vois un versant entier s’écrouler. Une pluie de blocs s’abat sur la route. Du micro onde au Hummer en passant par le frigo américain, toutes les tailles de rochers sont représentées et nous tombent dessus. C’est ça l’apocalypse ?! fin de la blague.

J’ai un diplôme d’ingénieur géotechnicien. Dire que je l’ai obtenu avec brio serait une injure pour mes collègues et chers professeurs, mais j’ai quand même des notions de mécanique des sols et mouvement de terrain. La réponse est assez rapide dans ma petite tête. Nous sommes au « centre » d’un tremblement de terre.

Nous sortons du 4*4 dans une sorte de panique contrôlée. Bizarrement je suis assez calme. Alors que je vois Ena et les 2 sherpas courir dans tous les sens autour de la jeep, j’ai l’impression que le reste de la scène se déroule au ralenti. Je vois nettement la course des blocs rocheux devant et derrière nous. 10m en amont et nous étions aplatis… 50m en aval et nous étions en morceaux… Je reste sur place protégé par ? , par un éperon rocheux un peu plus solide ? En fait je sais que nous sommes dans une drôle de situation, complétement vulnérable devant le déchaînement de la nature. J’admet avoir imaginé la fin. Ah merde, c’est mon heure ! Et puis non, je n’ai pas trop envie de finir comme une crêpe sous un bloc de 10 tonnes. Le pire s’estompe au bout d’une courte minute qui paraît durer toute une vie. Nous « marchons » une centaine de mètres pour rejoindre un endroit un peu plus sur. Ena n’est pas géotechnicienne, mais la présence de cochons, veaux et autres poulets qui picorent tranquillement semble lui indiquer un peu de paix et de sécurité. Pas faux !







Nous errons un peu avec d’autres rescapés des jeeps et bus voisins. Les répliques des secousses continuent de nous remuer un peu partout. Personne ne comprend vraiment ce qui se passe ni l’ampleur de la catastrophe. Les téléphones ne passent plus et tout le monde essaye de téléphoner en même temps. Bien sûr, nous avons abandonné tout nos papiers et affaires, dont le téléphone satellite dans la jeep… Nous essayons de nous poser mentalement et physiquement. Une heure plus tard, une boîte de chique et une autre de cigarillos avalée nous reprenons un peu nos esprits. Les Sherpas sont partis en reconnaissance en amont. Route sinistrée, villages défoncés. « Many people die today ». Ah merci Gyalzen, je m’en doutais un peu !

En aval ça paraît un peu mieux. Nous décidons de descendre le plus possible, jusqu'à trouver un endroit « safe » pour bivouaquer. L’ambiance est un peu irréelle. Tout le monde a pied sur une route coupée par des glissements de terrain ou des gros blocs. Tout le monde pose les mêmes questions : Tu viens d’ou ? Du village du haut, il reste rien. Et toi ? Tu viens d’ou ? Du village du bas, il ne reste pas grand chose. Je ne parle pas Népalais, mais dans ces moments, la détresse est universelle.
Nous récupérons quelques affaires à la Jeep et rejoignons un petit village en contrebas de la route. Nous installons une sorte de camp de base, qui ressemble plus à un camp de réfugiés. 




Nous partageons un peu de nourriture et même de l’alcool avec les locaux. Ena soigne quelques enfants et vieillards avec le peu de pansements et médicaments que nous avons… Pas facile !
Nous allumons enfin le tel satellite pour donner des nouvelles en France et en prendre sur le reste du Népal. Tendhi Sherpa, notre sirdar et ami nous annonce que plus de 1000 personnes sont déja décédés. Katmandou, camp de base de l’Everest, vallée du Manaslu… C’est quand même une grande catastrophe !

Il nous faudra quelques jours pour récupérer toutes nos affaires dans la Jeep et rejoindre Katmandou avec un petit taxi.
A la capitale, c’est bien pire que ce que nous pensions ! Un bordel monstre… Tout le monde vit et dort dans les parcs et dans la rue. Il n’y a plus d’électricité, pas grand chose à manger ou à boire.


Les jours défilent à Katmandou, la situation s’améliore doucement, mais le compteur de morts ne fait qu’augmenter… Nous passons pas mal de temps avec Tendhi et nos amis italiens qui devaient aussi aller en expé dans le Langtang !
Impossible de rejoindre les équipes de secours officiels. Nous allons dans les petits villages autour pour amener un peu de vivre et de médicaments… Une goutte d’eau !


Il est temps de rentrer et retourner à une vie normale. Les secours et l’aide internationale s’organisent. Il faudra du temps et de l’énergie au Népal pour se relever.



Comment conclure d’un point de vue personnel :
Je suis monstrueusement chanceux ? Ce n’était simplement pas mon heure ? Dans nos vies d’alpinistes et encore plus himalayistes, nous acceptons cette proximité avec la « zone de la mort » et pas seulement après 7500m. « Souvent du bon côté, parfois sur le fil » disait Seb Bohin. Je me rappellerai longtemps de ce 25 avril dans la vallée du Langtang, où j’avais un pied de chaque côté !


Tonio.

dimanche 29 mars 2015

La Vallée Blanche, un exceptionnel accessible ?



Décembre 2013, je reçois un coup de téléphone :

« Oui Bonjour, est ce que vous travaillez toujours comme moniteur de ski/guide ?»

Et moi de répondre :

« -Bien sûr, mais je suis très pris par mon travail au GMHM, j’ai moins de temps, alors je choisis pas mal ma clientèle.  (Genre je me la raconte à mort) »

« -Je suis débutant en tout et je suis intéressé par apprendre le ski, l’escalade, l’alpinisme, pourquoi pas les expés… »

Au début, je pense à une blague mais donne rendez-vous à mon mystérieux interlocuteur, autour d’un café, histoire de discuter un peu mieux du projet.

Le courant passe directement. Ilias a mon âge. Il a l’air en forme physiquement, possède une bonne culture montagne, est disponible les week end et surtout semble très très motivé.

5 janvier 2014 : Premier cours de ski.

Mais genre premier de chez premier : Planards, téléski débutant.
Voici un ski, une fixation de ski…
Ce sont les carres qui permettent de tourner et freiner, c’est la spatule qui montre la direction…
Nous apprenons à monter en escalier, à effectuer une trace directe avec arrêt chasse-neige…
Bref… débutant.

28 mars 2014 : Vallée Blanche par les pentes du rognon.
(9h au sommet de l’arête, 11h30 au train du Montenvers)

Ok, il a eu un très bon prof (J’en rajoute une couche au niveau de la frime) mais c’est surtout la motivation et l’envie d’Ilias qui sont remarquables.

Entre temps nous avons fait quelques autres sorties : un peu de perfectionnement à la technique sur les pistes, initiation hors-piste, initiation ski de rando, une école de grimpe et une école de glace. Entre nos séances, Ilias s’est pas mal entrainé de son côté ou avec des potes.

Je suis loin d’avoir une grosse expérience de moniteur/guide, mais je ne sais pas si il y’en a beaucoup des clients comme ça. D’ou ce petit article. Bravo Ilias et quelque chose me dit que ça ne fait que commencer.

En ce qui concerne la Vallée Blanche, les conditions sont assez bonnes pour cet hiver particulièrement bizarre. Nous avons passés un super moment samedi dernier, en témoigne le sourire sur les photos qui suivent :









Tonio