dimanche 5 octobre 2014

Aiguille du Chardonnet - Goulotte "Escarou"



Il n’y a pas que les Jorasses dans la vie ! Certes les conditions atomiques du moment rendent ses itinéraires mythiques un peu plus accessibles. Chacun est libre de ses choix et ses décisions. Mon idée de l’alpinisme s’éloigne un peu de faire la queue dans des voies réputées engagées avec 9 cordées au dessus de la tête.
Mais si la face nord des Grandes Jorasses est en excellente condition, certaines autres faces du massif doivent l’être aussi.
Avec Ena nous optons pour l’Aiguille du Chardonnet. Un rapide coup d’oeil sur internet, nous confirme que les goulottes du Chardonnet sont aussi en super conditions.


Au refuge Albert 1er, il y a une seule autre cordée qui va dans l’ « Aureille-Feutren ». Nous choisissons une combinaison entre la goulotte « Escara » dans le bas et la sortie par la superbe goulotte « Gabarou 79 », soit la goulotte « Escarou » J Nous serons seuls dans la voie… trop classe.


Départ du refuge à 5h du matin. La trace est bien marquée et rassurante sur ce labyrinthe crevassé de la rive gauche du glacier du Tour. A 8h nous attaquons notre voie. Les conditions optimales permettent de progresser à corde tendue. 30 m à double entre nous, avec à chaque moment la possibilité de brocher ou se protéger dans le rocher. 




Après 1/3 de la goulotte « Escara » soit environ 150m depuis la rimaye, nous bifurquons à gauche pour la sublime ligne de la « Gabarou 79 ». L’escalade n’est jamais très difficile (4 en glace et quelques pas de mixte facile), mais l’ambiance est géniale. Nous tirons 4 longueurs de 30m puis reprenons la grimpe en corde tendue pour les 100 derniers mètres.




 Summit. Nous sommes tout seuls, au soleil, la vue sur le reste du massif est magnifique. Dément quoi !


La descente du Chardonnet est aussi en bonnes conditions et nous déescaladons la plupart de l’itinéraire de la voie normale, avec 3 rappels de 30m. Nous revoilà sur le glacier crevassé et bientôt au refuge Albert 1er. Un coup d’œil sur cette belle aiguille du Chardonnet pour savourer cette superbe ligne.
Une journée démente en montagne, tout seuls, en profitant des conditions exceptionnelles de cet automne… What Else ?! J


Matériel (avec les conditions du moment) :
-Piolets et crampons techniques (Anaconda Cup light ou Coyotte light et Monocéros ou Vampire).
-5 broches.
-4 Camalots (du 0.4 au 1).
- Sangles.
- Un brin de corde à double de 60m.
- Matériel de sauvetage crevasse.

Tonio.

dimanche 28 septembre 2014

Brid Klina - Anica Kuk



What is the most beautiful rock climbing route in the world ?
Of course the topic is very subjective. Depending on your favourite style of climbing, the rock you prefer holding and your level.
In my oppinion, the most beautiful route in the world must meet the following points :
-       A strong history linked to the route.
-       Beautiful, high quality and solid rock, combined with airy climbing.
-       Most of all, who do you share the climbing with.

Let’s start with the historical aspect of Brid Klina :

Located on the really edge of Anica Kuk wall, this breathtaking route was first climb in 1973 by Marijan Cepelak and Boris Aleraj.


It took them 8 days, from 26/04 until 3/05, sleeping in the wall. The result was the hardest aid climb route of this time in Croatia, with many sections of A3 and A4. When you see the gear they were using, their performance is even more impressive ! Congratulation guys !
The route was later bolted for free climbing by an other legend : Tomo Cesen. You can be for or against bolting old aid route, but without this, Brid Klima wouldn’t became so famous and attractive for strong free climbers.
Martina Cufar, an other slovenian legend (even if we stole her a bit for Chamonix !!), compared « Brid Klina » on Anica kuk with « the nose » on El Cap. After free climbed the route she said : « Even bolted the route is still very adventurous ».
To finish the story, the first (and only ?) on sight ascent was made by a slovenian climber (one more time) : Andrej Grmovsek.

Let’s start now with our story :

The idea of climbing Brid klina with Ena started when I first visit Paklenica in march 2012. The line is so impressive and attractive in the same time. When visiting the national park, you can find postcards even tee shirts with guidebook of the route … An invitation to climb it !


Even worst, when looking at grades of every pitches, we thought it could be a possible project for the two of us…. Hahaha !!
So on 17th of September, we are together on « Anica Luka », the meadow located at bottom of the wall. We are spoting the route with binoculars to check where the line is going and if every pitch is dry…


At Dinko Restaurant, we meet Marko Marasovic, a strong local climber who is working on the route. He even lets his quickdraws in crux pitches. Nicelly, he ofers me to give info and details for the route. But I want to try it onsight… I feel strong and for sure, too self confident !!




18th September, after two slabby pitches to warm up, we are at bottom of first 7b. While climbing the first half of the route, I remember the guide book « The climb is fine and airy »… No shit !!!


My big ambitions of onsight rapidly end with a fall and with big big troubles to « just » do the mooves… Ohoh… this day will be a long one J

I ‘ll spare you the details of everypitch and all the bad words we said this day :
« What the hell… it’s never 6b !!! ». « Pffff… the hardest 5c on planet earth ». To be honest I think we completly underestimate the route with Ena. Even if grades look attractive and possible, one should be carefull. It is really severly graded and the climb on mostly cracks and vertical holds is really demanding.











But « jebi ga » … What a route !!! There is not even one pitch, not even one meter of climbing which is not completly beautiful. Perfect limestone with a breathtaking air between the legs…

It tooks us 8 hours to reach the summit of Anica kuk. Completly destroyed and exhausted but with a hudge smile. We both feel pleased and even a bit proud on our day… we achieve one of our littlle dreams.



To me, the partner you climb a route with is even more important than the route itself. What to say about Ena… One more time it won’t be a subjective topic. Because few days after climbing Brid Klina, as my favourite climbing partner, she became my partner for life … a life full of mountains, bigwalls, projects and smiles… world wide J



To finish the story of Brid Klina, the next day we celebrated our union, two of our friends, Vincent François and Arnaud Bayol, based jump from summit of the route (excatly from summit of spider).


So is it the story of a big wall ? 8 days to open the route, 8 hours to climb it free, 8 seconds to base jump it ?? J




jeudi 11 septembre 2014

Cima Grande di Lavaredo. Voie Comici-Dimaï



Dans le dictionnaire pour « humble » on trouve la définition suivante :
Qui montre un grand respect à l’égard d’autrui.

Comment ne pas être un minimum humble devant l’exploit réalisé en 1933 par Comici et les frères Dimaï ? La première voie ouverte dans la face Nord de la Cima Grande di Lavaredo. Pas de baudriers, pas de corde dynamique, encore moins de chaussons d’escalade. Quelques pitons qui pèsent 500g chacun, les premiers mousquetons d’Otto Herzog qui devaient en peser autant…

Ce qui est encore plus remarquable c’est que 4 ans plus tard, en 1937, Emilio Comici, répète sa voie en solo assuré en un temps record de 4h… Déjà à l’époque certains avaient des doutes. Ne se laissant pas démonter, Comici leur apporte la preuve et re-répète sa voie en solo en 3h45. Chapeau l’artiste.



Nous avons grimpé cet itinéraire majeurisime des dolomites, le 28 Aout dernier, au stage final du Guide de haute montagne. Même avec des chaussons précis, une corde à double et un bon jeu de friends, nous avons bien sentis le gaz entre les jambes et mesuré le talent et l’audace de ce grimpeur exceptionnel.

Cette semaine dans les dolomites, bien qu’un peu stressante avec un bout de la médaille de guide à la clef, a été un vrai bol d’air pour tout le monde. Fini l’été pourri de Cham’ et bienvenue dans le calcaire, oups pardon, la dolomie mythique de ce petit coin d’Italie.

Autour de Cortina et plus précisément dans les « Cinque Torri », les  « Tre Cime » et au « Tofana di Rozès » ;  j’ai eu la chance de partager un bout de corde avec Bruno Antoine, un ancien hockeyeur pro, reconverti dans le broyage de réglettes, Jean-Marc-Arnaud Bayol-Boivin et l’immense François Marsigny (pas seulement par la taille).
Merci à eux pour les belles photos de cet article et surtout pour m’avoir supporté J







Alors c’est fait. Je suis enfin un « vrai » Guide de haute montagne. Encore plus content pour tous les potes de promo et notamment Nono, Ced’, Bruno, Alice, Marion, Clément, La truite et Jean Passe…
Maintenant le plus dur, le plus beau, reste à faire : Devenir un vieux guide, avec plein d’histoire de montagne à raconter pour les 50 prochaines années.

Tonio. 

lundi 11 août 2014

VIDEO : Annot, secteur "Trad"

Un peu de boulot pour filmer les runs... mais une bonne excuse pour se reposer entre les essais...



Images : Max, Dim, Tonio et Nono.
Montage : Nono
Musique : "Chordless cycle"


Vidéo :  https://www.youtube.com/watch?v=_jLFWKFpuFA&feature=youtu.be